lundi 29 octobre 2007

This is Halloween!



Ce week end a ete tres froid et marque par un evenement notoire dans la culture anglo-saxonne; c'etait Halloween.



Enfin Halloween arrive en fait mercredi mais ce week end tout le monde deja etait deguise.


Meme les chiens. Et comme il y a enormement de chiens a Gotham city, beaucoup de nos amis les clebards etaient de la fete.


Samedi soir j'ai ete celebrer l'evenement avec une amie dans une soiree specialement organisee par une new yorkaise. Comme je ne savais pas que j'allais aterrir la bas, je n'etais pas deguisee, ce que j'ai regrette car tout le monde l'etait, sauf moi donc, et les amis avec qui j'y allais. Nous avions quand meme prevu quelques artifices de derniere minute; tandis que l'un mettait un sac en plastique sur sa tete (ce qui en plus d'etre dangereux, ne fait par ailleurs reference a rien du tout mais bon, nous etions pris par le temps), l'autre s'enroulait dans un cheche (afin de ressembler au terrifiant Monstre-au-Cheche) ou arborait un loup, tandis que de mon cote, je me retrouvais avec de magnifiques et extremement seyantes lunettes-a-gros-nez.


Halloween est pour beaucoup l'occasion de se montrer sous un nouveau jour, et cela donne souvent l'opportunite, notemment aux filles, de se deguiser en grosses p... . Je ne voudrai pas sombrer dans le vulgaire mais enfin il faut voir les deguisements vendus pour l'occasion; entre la bergere court vetue, l'infirmiere sexy, la nonne vicieuse, ou la femme-pompier en porte jartelles, il y a peu de place pour les deguisements inventifs et classes.


Heureusement, dans la soiree ou j'allais, les gens avaient des costumes rigolos et pas trop vulgaires. Je papotais avec Crocodile Dundee et une Banane Geante tandis que Slash offrait une biere a un Schtroumpf. Fidel Castro donnait une grande tape dans le dos d'une Bouteille de Ketchup sur pattes, et j'ai meme joue au billard avec Bill Gates.


Le lendemain, le reveil a ete difficile ce qui signifie globalement que la soiree avait ete tres bonne.


Sur le chemin du brunch avec l'HI, alors que l'on traversait Tompkins Square, on remarqua un attroupement enorme pres du Dog Park (une sorte de cour de recreation pour chiens, devant laquelle l'Homme Ideal et moi nous arretons souvent pour admirer les canides qui jouent). Ce matin avait lieu la grande Halloween Dog Parade, avec l'election du chien le mieux deguise. C'etait ENORME; par exemple un Pinsher nain avec 2 fausses tetes, un batard deguise en avion, un teckel en cow boy, un Bouledogue en coccinelle, et meme un Rottweiler deguise en couteau-suisse! Je regrettai amerement d'avoir oublie de prendre mon appareil photo et je n'aurai que cette image a vous montrer en temoignage de la folie des New Yorkais en matiere de deguisement canin.
J'espere en voir d'autres mercredi!

jeudi 25 octobre 2007

Free Time in NYC

Parfois, je ne travaille pas..

(genre je passe ma vie au bureau.. "Pfff je suis sous l'eau, j'arrete pas, c'est l'usine a gaz.. " - L'Homme Ideal et moi, on aime bien se moquer des gens qui ADORENT dire qu'ils bossent comme des dingues, plus que le commun des mortels evidemment. On est un peu mechants -"mafons" comme disait ma niece cherie Capucine quand elle etait petite- et c'est mal de se moquer, mais l'Homme Ideal et moi sommes en pleine construction d'une culture de couple, donc nous prenons des references de complicite la ou on peut, quittes a etre mafons)

Donc quand on ne travaille pas, HI et moi faisons plein d'autres choses. Bien sur, nous sommes a New York, donc on ne peut pas aller cueillir des champignons dans les pres ou aller traire des vaches, comme vous le faites en France. On a pas la possibilite d'aller boire un ricard en ragardant le foot sur le zinc, comme c'est la coutume chez vous. Vous autres mes amis, vous vous deplacez en charette, et vous vous eclairez a la bougie, vous ne connaissez pas le stress des grandes villes. Quand je pense aux filles de mon age, a mes copines qui, quand elles rentrent du bureau, epluchent des carottes pour preparer un boeuf bourguignon, empruntent des oeufs a la voisine en utilisant un panier accroche aux fils pour pendre le linge entre leurs immeubles, je me dis parfois que je regrette un peu cette vie simple qui est le quotidien des francais.

Ici, c'est different.

Le week end, en general, on essaie d'echapper a la pollution en allant prendre l'air dans de grands parcs ensoleilles. Sur Washington Square, par exemple (cf photo de moi et de l'HI devant l'arche), il y a toujours des alternatifs qui jouent du jazz, du rock. Quelques clochards insultent les passants, mais le tout avec bonhommie.

J'ai reussi a prendre en photo l'HI plus de 2 fois, ce qui constitue un record.


Ensuite, on va voir ce qui se passe vers Soho. Il y a plein de magasins tres fashion, comme l'Apple Store, qui ne desemplit jamais. Les vendeurs se la petent tellement qu'on a anvie de leur demander s'ils se prennent pour l'enfant spirituel de Steve Jobs et de Kate Moss.

Autour des"artistes" qui exposent leurs croutes hors de prix, les maisons sont moins hautes que dans le reste de Manhattan, et l'ambiance, faussement decontractee. J'aime bien.





Parfois on va vers Battery Park, a l'est de Manhattan, qui longe l'Hudson River. Me voisi en train de poser, toutes dents dehors.






Sinon, Central Park est toujours une valeur sure de la ballade; c'est immense et il y a plein de choses a voir; des musiciens, des gens qui jouent au foot ou font du roller, des chiens qui s'ebattent..




Lundi soir, HI m'a emmene voir un concert de Justice, un groupe electro qui cartonne. La salle etait remplie de francais (les 2 membres de Justice sont francais) et le concert etait mythique.




Malheureusement, ce n'est qu'en sortant du concert que j'ai compris le fonctionnement du mode nuit sur mon appareil photo (merveilleuse chose!), moi qui pensais betement qu'un flash etait un flash, j'ai appris qu'il y en avait de plusieurs sortes.




Donc du concert on apercoit seulement les formes des 2 justiciers, avec une croix lumineuse (le nom de l'album). Dommage. Comme ca on dirait un peu la photo de 2 cures dans une eglise tres sombre, et assez design. (avec des fideles tres enthousiastes)

2 heures avec Carlo


OK, ces 2 heures de coaching ont ete infames.
Le premiere, la semaine derniere, s'est tres mal passee. Carlo m'a fait monter/descendre d'un tabouret, puis faire 20 abdos, donner des coups de pieds dans un polochon tres haut, le tout successivement et genre 20 fois de suite, sans evidemment la moindre chance de repos entre chaque excercice. Je degoulinais, comme si j'etais en train de fondre, et je n'arrivais meme pas a couiner le moindre "stop". Autour de moi, les gens, tels des boeufs dans un champ, peinaient sur leurs machines, indifferents a mon sort et absorbes par leur propre labeur.
Apres ce massacre, j'ai fait part a Carlo de mon indignation en lui disant que cette sceance s'apparentait a de la torture. Il a eu l'air tres peine, comme si j'avais insulte sa mere, et a proteste "Non, c'est du fitness!"
Sur ces bonnes paroles, il m'a appris que j'avais droit a une 2e sceance! L'horreur et le decouragement qui devaient se lire sur mon visage ne l'ont pas decourage. J'avais rendez-vous le jeudi suivant.
Lundi, je suis allee courir non sans avoir fromente un plan qui me semblait imparable; dire a Carlo que je devais annuler ma sceance (pour pouvoir reprendre le cours normal de ma vie et ne plus avoir peur de faire de sport). Seulement il n'a rien compris et m'a propose de faire la sceance sur le champ. Tetanisee, j'ai du accepter, comme dans un cauchemar, de souffrir pendant 30 minutes supplementaires. J'ai appris a boxer (Carlo) ce qui m'a au moins defoulee.
Voila, au moins cette mauvaise hsitoire de coach est terminee. J'ai l'impression d'avoir passe une mauvaise epreuve pourtant obligatoire, comme le bac ou le BEPC. Me voila soulagee. Edwige ma soeur, tu es vraisemblablement la SEULE de la famille a aimer souffrir pour le sport...

mardi 16 octobre 2007

Mon nouveau moi


Bientot je vais etre super mince et je n'aurai plus que des muscles.

Je serai une fille differente, qui pensera positivement; j'aurai plus de facilites a aller vers les autres et a me faire des amis. Sure de moi et confiante, a l'aise dans mon corps et dans mon esprit, je n'aurai plus de problemes pour affronter la vie et les epreuves que je serai suceptible de rencontrer.

C'est en gros la promesse tenue par le fitness. Aux Etats Unis, faire du sport ("go to the Gym") est quelque chose a la fois naturel et ordinairement obligatoire, un peu comme le BCG en France. Ou l'assurance responsabilite civile.

Ce pays doit quand meme avoir quelque chose de magique, parce que moi qui ai toujours ricane devant la mode des salles de sport (pour m'y etre inscrite et ne jamais y etre allee tres longtemps), je me suis quand meme inscrite, pratiquement des mon arrivee, a une salle "Dolphin Fitness Club". Sur le site web, des gens certes bien batis vous narguent avec un air de vouloir en decoudre. Les salles sont climatisees, des machines y sont alignees par dizaines comme les drones de "l'Attaque des Clones " et dessus, des tas de gens souffrent, le regard dans le vide ou fixe sur des ecrans de tele.

Dans la rue, le nombre de personnes en jogging, haletant et rougeauds, est impressionnant. Alors on se dit qu'en Amerique, c'est pas pareil, on va forcement faire du sport, et donc maigrir, devenir une bombe bien dans sa tete et dans son corps, prete a affronter la vie etc.

Pour l'instant je cours regulierement (de toutes manieres si j'osais ne pas y aller au moins 3 fois par semaine je serai consideree par mes confreres de fitness comme une grosse truie paresseuse).

Jeudi dernier, alors que j'expulsais tranquillement ma rate sur le tapis de course, quelqu'un s'approche de moi, muni d'un bloc note. C'etait un des coachs du Dolphin Center, enfin d'apres ce que j'ai pu deviner. En haut d'un monticule de muscles luisants et roses, je pouvais apercevoir une toute petite tete -un peu cônique- rasee, ornee d'oreilles racornies et deux yeux effrayes, qui balayaient la salle dans toutes les directions, comme s'il se sentait aggresse. Le type en question, vraiment pas a l'aise (ce devait etre a cause de mon indice de masse corporelle epouvantable), me proposa pourtant un rendez-vous coaching gratuit. (J'appris plus tard que c'etait compris dans l'inscription.) Notant le rendez-vous sur son bloc-notes d'une main peu sure, dans un shema extremement complique cense representer les heures ouvrables du club, le coach m'annonca que j'aurai rendez-vous avec Carlo.

Je trouvai que Carlo est un super prenom de coach sportif. En plus, j'etais rassuree de ne pas etre coachee par l'autre frayos. Lui qui avait pourtant du user et abuser de la salle de sport ne semblait pas avoir gagne un gramme de confiance en soi, le pauvre. Puis je repensai a mon indice de masse musculaire, et recommencai a courir en me rappellant que dans cette salle malodorante, le plus a plaindre etait celui qui avait le plus de kilos a perdre.


lundi 15 octobre 2007

Ce qu'on lit aux USA

En fait on peut lire de tout, evidemment. Les grands magazins genre Fnac pullulent et sont super bien fournis. La grande enseigne de livres s'appelle Barnes & Nobel, il y en a un super sur Union Square et un enorme a cote de chez nous, sur Astor Place.
Quand j'ai le blues ou que je ne sais pas quoi faire, je vais trainer chez Barnes, et je peux y passer plusieurs heures a lire tous leurs magazines ou a trouver un superlivre. J'ai deja achete quelques bouquins et la lecture en anglais n'est en fait pas si difficile. En general les libraires sont hyper sympa et prennent vraiment le temps de vous aider a trouver ce que vous cherchez.
Les New Yorkais adorent les "Pets", les animaux de compagnie. C'est dingue comme la ville est remplie de chiens, chats etc. Ce qui est rigolo c'est de voir des gens tres classiques avec des chiens hyperchelous (evidemment habilles avec des fringues tres design qui valent des fortunes) et de voir des gens tres bizarres avec des chiens tres classiques.
Le meilleur des chiens etant quand meme le teckel (a mon humble avis, In Memoriam Paolo), on en voit une flopee dans les rues de NY. Affectueusement surnommes "Wiener" (= Saucisse viennoise), ils promenent leur air digne et serieux a quelques centimetres du pavement de Gotham, vetus de sweater roses a capuche ou parfois meme (j'en ai vu un ce matin) avec un mini-costume cravate.
Bon je parlais des lectures new yorkaises.
Mon travail, dans la presse, m'amene a lire les journaux tous les jours. Quand il s'agit du New York Post, par exemple, j'aime bien parce qu'il y a une enorme page avec les derniers ragots. Cette page est tres connue et fait office de reference a NY; c'est la Page Six. On peut la trouver online (pagesix.com). J'aime un peu moins lire le Washington Post ou le Wall Street Journal, bien que ce soit interessant, et blablabla.

Autre truc que j'aime bcp avec le NY Post (decidement) c'est leur colonne de Comics. Ma BD preferee en ce moment est "Get Fuzzy". Elle relate la vie d'un celibataire de Boston qui vit avec chien et chat.
Autre truc bien marrant aussi, c'est Sherman's Lagoon, qui se passe sous la mer; le heros, Sherman, est un gros requin un peu bete mais tres marrant.

vendredi 12 octobre 2007

Notre appartement dans l’East Village

Il se trouve ici: http://maps.google.fr/maps?f=q&hl=fr&geocode=&q=103+saint+marks+place+10009+NYC&sll=47.15984,2.988281&sspn=14.468145,29.619141&ie=UTF8&ll=40.728007,-73.984959&spn=0.00787,0.014462&z=16&iwloc=addr&om=1

Il est certes petit, mais pour rien au monde je n’échangerai cette petite merveille s
ituée dans mon quartier préféré. (enfin si, peut être contre un appartement plus grand, au même endroit avec le même loyer. Mais bon, personne ne me l’a encore proposé pour l’instant)
L’Homme Idéal a très mal pris ma première réaction quand je l’ai visité. En fait, le connaissant, j’ai voulu ne pas m’extasier trop violemment car il m’aurait certainement accusé de mentir. J’ai ainsi souhaité rester posée, mais l”home Idéal a pris cette inhabituelle mesure pour de la déception.
Le fait est qu’il se trompait; j’adore notre apart. Il est joli, propre, et c’est chez nous. Il est parfait.
L’Homme Idéal, comme son nom l’indique, est bourré d’idéaux et de “morales de vie”. Parmi ces morales, on retrouve, pêle-mêle, des références a la pauvreté du Christ, le refus de possession des ultracommunistes, la recherche de la simplicité et de l’essentiel des moines de toutes les religions, et encore bien d’autres choses, sur le meme registre poétique du dépouillement comme vecteur de Vérité. Le tout agrementé d’une forte sauce macho, ce qui fait que l’Homme Idéal refuse d’acheter des meubles.
Je lui ai suggéré l’acquisition d’un lit-mezzannine par exemple.
Bien mal m’en a pris; cette simple volonté d’aménager l’espace d’une manière pratique constituait en fait, selon lui, une vile volonté de m’approprier l’espace et de le transformer, un peu comme une femelle hamster, dans le but souverain de piétiner son espace a lui.
Est-ce utile de préciser, que dans ces conditions, nous n’avons pas de télé? L’appart étant meublé, la PREMIERE chose que l’Homme Idéal a fait en arrivant, a été de la descendre à la cave. Si elle n’avait pas appartenu à notre propriétaire (un certain Josip, Croate de son état et extremement gentil), l’Homme Idéal l’aurait certainement jetée par la fenêtre en l’insultant copieusement.
Quant a l’éventualité de l’achat d’un tapis, l’Homme Idéal y voit de ma part un caprice (?) et le symbole (malheureux) de mon abandon aux sirènes du matérialsime petit-bourgeois (qui se manifeste aussi par l’achat complusif de coussins, bibelots et autres inutilités distribueés dans le monde par de grands consortiums suédois.)
De mon coté, ca ne me dérange pas plus que ca. Je préfère faire autre chose que d’acheter des meubles ou regarder la télé (meme si c’est quand meme sympa, mais toutes manières pour ces choses là c’est tellement plus rigolo d’être avec des copines ou des soeurs, ou sa maman). Mais parfois, quand je cherche une raison de lui en vouloir, je remet ce sujet sur le tapis, justement.
Enfin quand même quoi, un tapis!Pour l’instant donc, l’appartement est assez spartiate, ma frénésie d’ éparpillement des vêtements est donc contenue, et on se concentre sur l’essentiel; se nourir (l’Homme Idéal cuisine tres bien, de mon côté en revanche, je me laisse le temps d’apprendre) et nous.

lundi 1 octobre 2007

NY Lunch #1

A New York comme partout dans le monde, quand vient l'heure de midi, le ventre émet quelques gargouillis peu amènes qu'il faut vite étouffer a l'aide d'un repas.
Aujourd'hui lundi, il n'y a pas d'exception.
En plus du déjeuner, ma pause se doit d'etre fructueuse; j'ai emmené dans un sac a dos mes chaussures argentées qui ont besoin d'un nouveau talon. J'ai repéré un cordonnier sur la 33e rue a l'angle de Madison, ce qui est merveilleusement proche de mon bureau. Pour une fois, je pense pouvoir m'en sortir sans trop de difficultés.
Ceux qui me lisent doivent ricaner a gorge deployée en voyant qu'un simple saut chez le cordonnier entre midi et 2 se transforme pour moi en tache monstrueusement compliquée. Oui, et bien qu'ils ricanent. Et qu'ils aillent s'installer a Gotham City pour voir.
Ici, toute premiere fois est terriblement angoissante pour la simple et bonne raison que PERSONNE ne vous explique la marche a suivre. Pire, tout le monde attend de vous que vous sachiez exactement ce que vous avez a faire. Faites la queue, payez, choisissez, commandez, patientez, marchez, tombez sur la hanche, faites-vous écraser, recevez une crotte de pigeon dans l'oeil peut être, mais faites-le rapidement et sans gêner les autres.
C'est pourquoi toute premiere fois a New York, que ce soit de la visite d'appartement a l'achat d'un bagel au fromage, a des relents désagréables d'une rentrée en 6e. On se sent bête, maladroit et terriblement seul.
Mon nouveau cordonnier, donc, est sympa et pas tres loin de mon taff. Il me propose en plus de cirer mes chaussures en argenté! Dingue non? de toute ma (longue et trepidante) vie je n'avais jamais entendu parler de cirage argenté. God Bless NYC.
En revanche, une fois dans la rue, me voila loin de mon habituel "Suzanne's Deli" qui me fournit mon Park Avenue Combo du midi (un enorme sandwich avec 8 épaisseurs differentes!). Excusez-moi pour cette habitude digne d'une petite vieille maniaque, mais dans Gotham City on a besoin de ses petits repères, auxquels on s'accroche désepérément, comme quand on a 5 ans et des brassards. On s'est dit que la bouée n'était pas tres loin de la plage, on a nagé, et une fois qu'on y est, on trouve la plage super loin, on commence a avoir froid et on prend conscience qu'il y a des algues sous nos pieds. L'angoisse pure.
Cependant aujourd'hui j'en ai marre de voir les types des sandwiches chez Suzanne's. D'abord, comme dans tous ces restaurants de sandwiches et de salades, ils sont genre 20 derrière le comptoir a sandwiches, genre le gang de patissiers, s'affairant tous comme des abeilles pour découper, fabriquer, peser, emballer les 150 variétés de sandwiches proposés sur la carte. C'est impossible de retenir leur tête, ou même de s'attacher a l'un d'eux!
Dans les films, le héros entre dans le "Diner", alpague un des cuistots par son prénom, lui balance une petite vanne et lui dit "Comme d'hab, mon vieux Al".
Fadaises. Qué conneries.
Non seulement ils sont 20 a produire la pitance, mais tous, sans exceptions, sont imbuvables, pas sympa, agressifs, pressés. Si vous n'avez pas choisi en 5 secondes, vous etes une éspèce de saleté géante, un touriste malodorant. Quand vous avez choisi, en revanche, ils ne s'adoucissent pas. Une fois le repas emballé, ils vous le lancent pratiquement dans les yeux en hurlant "Next!", et vous de dégager fissa, ou sinon il peut vous en cuire chèrement.
Enfin. Aujourd'hui j'entre donc dans une nouvelle ère, adieu Suzannes's, je pars explorer de nouveaux diners.
Sauf que je ne connais pas du tout Madison Avenue.
Oh mon Dieu vite il faut que je trouve une solution.
Refusant de paraitre desorientée et de rester plantée la a regarder autour de moi dans la rue comme une touriste (trop la honte a New York), je m'engouffre dans la première échoppe que je croise, d'un pas sur et décidé. Je fais la queue et me rend compte au bout d'un moment que tout le monde m'observe sous cape.
Je suis la seule "caucasienne" parmi genre 20 personnes.
Et j'ai l'impression, une fois encore, d'être stupide.
L'échoppe en question, je réalise peu a peu, est specialisée dans la nourriture des Barbades, ceci expliquant peut être cela. J'ai peur de me retrouver avec un plat hyperépicé-ce que je déteste-, mais par fierté, je reste dans la file en espérant ne pas en être expulsée, puis je commande une éspèce de beignet au poulet qui m'a l'air bien inoffensif. Bêtement, je le mange assise pres du comptoir, plongée dans mon livre, avec un air de "mais-oui-bien-sur-que-j-aime-les-spécialites-barbadaises-d'ailleurs-je-ne-mange-que-ca-tout-les-jours".
Bien entendu, le beignet jaune fluo est aussi épicé qu'une cuve de TNT. Dignement, j'époussette les miettes et me lève, pour finir par (quasiment) courir retourner a mon poste, chaleureuse bulle de paix dans cette ville agitée.
Je pense que pour quelques mois encore, je vais continuer a suivre mes petites habitudes.
Je veux dire, c'est vrai, quoi. Je ne suis au fond qu'une petite provinciale..