vendredi 16 novembre 2007

Liver Talks



Moi qui pensais que le courant du Labrador n'etait cense apporter que de la douceur et un ciel constemment degage, je me plantais admirablement! Le vent au nom canin nous apporte aussi, pour l'instant, de l'humidite et un froid de gueux.
Dans l'ascenseur de mon building (il y en a 8 en fait, mais evidemment il faut toujours attendre 20 minutes pour qu'une cabine daigne repondre a votre appel) il y a, bien entendu comme partout ici, une television, qui donne les previsions meteo et les dernieres infos FONDAMENTALES sur l'etat du monde (Lindsay Lohan a passe 84 minutes en prison hier, ai-je ainsi appris).
Ce petit encart meteo est cense me permettre de savoir comment m'habiller le lendemain ou ce que je vais pouvoir fabriquer le week end.
Sauf que les temperatures sont en degres farenheit, et je defie quiconque de faire la conversion de tete (l'Homme Ideal lui, il le peut. Il n'a pas vole son surnom.)

C'est bizarre cette difference d'echelle de degres. Autant la monnaie n'est pas la meme, donc il semble logique de la convertir. Mais la temperature? Il y a quelques mois (OK, quelques semaines) je pensais que 30 degres farenheit faisaient 0 degres celsius et qu'il suffisait de garder cette echelle, genre 31 F faisaient 1 C. Quand j'ai fini par comprendre que non, j'ai rajoute ca a ma liste des choses difficiles a comprendre et dont je remettrai l'exploration mystique du sens profond a plus tard (genre quand je serai vieille avec que ca a faire). Liste dangereusement longue, mais a priori je ne suis pas la seule dans ce cas.

Parmi les choses tres differentes ici il y a la nourriture.
Tout ceux qui sont partis aux Ameriques ont quelque chose a dire sur ce qu'on mange et la place que cela prend ici. Il y a des restaurants, magasins de bouffe, delis, stands, absolument partout, et meme au milieu du desert (l'HI m'a emmene dans le desert de l'Arizona cet ete, je peux donc temoigner) il y a toujours un panneau qui vous indique la source de nourriture la plus proche.
Je ne comprend pas d'ou vient cette obsession. Peut etre que les americains, devant l'immensite de leur pays, se sont dit que rien ne devait avoir de limites, et donc ils ont applique cette idee a tout et a la consommation en particulier. Ou peut etre qu'ils adorent manger, tout simplement. Le fait est qu'ils ont appris a attirer les consommateurs et que certaines des choses qu'on trouve a manger ici sont scandaleusement bonnes.

Par exemple les pancakes. En France ce qui s'en rapproche le plus ce sont nos crepes, legeres, un peu elastiques, fines.
Ici, ce sont des especes de gateaux epais et moelleux, qu'il faut beurrer et recouvrir de sirop d'erable, ou alors engloutir avec du bacon.
C'est impensable. Depuis que j'y ai goute, je ne suis plus la meme.
Pareil pour le cheesecake, qui est une specialite new yorkaise. Les parts sont somptueusement cremeuses, on n'a rien de semblable en Europe!
J'ai decouvert recemment l'existence des scones aux pepites de chocolat.
Nouveau coup de foudre.

NY est la ville la plus mince des Etats Unis. Good for me.
Pour l'instant je pense beaucoup a proteger mon foie; c'est le premier a souffrir de mes exces et du changement de regime.
Je suis certaine qu'il doit filtrer dix fois plus de saloperies qu'en Europe; hormones, antibiotiques, edulcorants sont injectes au moindre veau qui nait ou chaque cereale qui pousse sur le sol americain.

Toujours est-il que quand il faut faire des courses, je suis un peu tendue. Une part de moi oscille entre l'esprit Euro-New Yorkais qui prefere manger sainement, a base d'organic food, de fruits, legumes etc. Une autre part de moi reve de manger 1 hamburger par jour avec des pancakes au dessert et des bagels a la salade de poulet a quatre heures.
C'est pourquoi il est preferable d'emmener l'HI faire les courses avec moi.
Etant donne sa condition d'Etre Ideal, l'Hi se dirige tout naturellement vers les prioduits frais, et sains. Il adore les compotes et les tomates. Son repas ideal est compose d'une viande bien cuite, de legumes et d'un bon yaourt. Malheureusement ce genre de menu me revulse (a part la tomate); j'aime la viande peu cuite, j'evite tout contact avec les fruits et pour moi, un yaourt se mange lorsqu'on a pas le choix, par exemple quand on est malade. Ou au regime.
C'est une interminable source de debat pour moi et l'HI; il tente de me convertir a la Pom'pote tandis que je lui vante les merites des rognons. Il m'accuse de manger du Nesquick pur tandis que je lui reproche la fadeur du surimi.
Au supermarche, l'HI fait le plein de choses equilibrees. Il s'active, pese, compare, etc.
Pendant ce temps, je vais faire un tour du cote des preparations de pancakes pour m'assurer que ca existe bel et bien. Je verifie les bouteilles de sirop d'erable. Je fantasme devant les paquets de chips bleues et m'imaginant en train d'en distribuer a des foules ebahies. L'air de rien, je soupese un paquet de macaronis and cheese.

Au bout de l'allee, l'HI me surprend souvent et j'arrive parfois a negocier l'achat d'une chose hypermauvaisemaishyperbonne. En fait j'ai de la chance de l'avoir parce que sans sa protection je courrai deja depuis longtemps, et avec une joie hysterique, vers ma perte.

lundi 5 novembre 2007

Bloody monday

Quel week end!
Comme toute personne obligée de travailler pour vivre (nous sommes heureusement beaucoup dans ce cas), me voila a nouveau au bureau. Quelqu’un aime le lundi?
Ce bureau est bien hostile; il y fait constamment froid (les américains ont une obsession pour la climatisation qui franchit allegrement les limites du ridicule puisque je suis obligée de mettre du chauffage a mon bureau pour ne pas chopper des angelures) et mon boxe, meme s’il est spacieux (je peux étaler tout mon barda sans qu’il déborde dans le couloir) est d’une horrible couleur beige. Je n’ai pas non plus envie de le décorer; c’est de la resistance passive. En effet, je ne souhaite pas m’étendre sur le sujet mais je ne veux pas ressembler a mes collegues. Or il se trouve que mes collegues ont entierement décoré leur boxe a grand renforts de photos, peluches, cartes postales, bouteilles de parfums (bon ca aussi j’en ai mais vu mon secteur d’activité, ne pas en mettre peut passer pour une volonté de sabotage), mais aussi de posters, de lampes remenées de chez elles, ou je ne sais quoi encore. Je ne serai pas etonnée de trouver des vetements sales ou des bigoudis sur leur bureau. Je ne sais pas si le but de cette operation est de se faire passer pour une employée modele qui passerait plus de temps au bureau que chez soi. Possible, mais en meme temps les américains sont beaucoup moins obsédés par les horaires de bureau que les francais. En fait je pense qu’il s’agit tout simplement de s’approprier son espace, un peu comme le font les chiens quand ils font pipi quelque part. Mes collegues doivent aussi croire que, plus leur boxe leur ressemblera, leur sera familier, moins se rendre au travail sera difficile, car le boxe sera un peu une continuation de leur appartement. C’est a mon avis completement ridicule! Car au contraire, plus le bureau ressemble au chez-soi, plus rentrer chez soi peut devenir difficile!
Voila, a nouveau Lundi; en plus maintenant nous sommes en novembre, le mois le plus glauque de l’année. Synonyme de pluie, de nuit et de dépression.
La semaine derniere avait été assez calme, marquée par une ou deux sorties, et aussi la projection d’un film jeudi soir en l’absence de l’HI, parti vers d’autres aventures. Enfin pas n’importe quel film, puisqu’il s’agissait de “Rencontre avec Joe Black”. Ce film, s’il est vrai qu’il est terriblement niais, constitue néanmoins une troublante et merveilleuse louange a la gloire de Brad Pitt.

Malgré tout je suis sortie assez triste de cette projection. Attrappant un vieux numero de Life & Style consacré a Brad et Angelina, j’étais forcée de constater que le temps avait fait son ouvrage sur Pitt, comme il l’avait fait sur Robert Redford et Paul Newman. Joe Black est loin.. Cette semaine, pour me consoler je vais re-regarder “Légendes d’automnes”. L’HI risque d’etre extremement vexé.
Enfin. Pour en revenir a ce week end, j’ai beaucoup marché.
Vendredi soir j’allais faire du patin a glace sur Bryant Park avec mon superami Fabien, qui m’avait fait l’illustre surprise de me rendre visite a Gotham. Lui et l’HI avaient d’ailleurs monté la surprise ensemble!! J’etais tellement heureuse que Fabien et moi burent quelques bieres a la santé l’un de l’autre, avant de faire du patin devant les buildings de la 5e avenue. Ce qui je dois dire, m’a énormement aidé a m’élancer sur la glace.
Samedi, l’Homme Idéal recevait sa maman (qui, étant responsable de la nature de l’HI, est elle aussi une Maman Idéale). Peu après son arrivée, apres nous avoir copieusement couverts de cadeaux et de chocolat, elle nous emmena déjeuner dans un restaurant choisi par mes soins. Alors que l’HI proposait un brunch dans un quelconque restaurant a la mode francais (en gros ce sont des restaurants ou il faut faire 4h de queue pour payer très cher des plats -petits- assez moyens, tout ca pour pouvoir profiter d’un décor lugubre constitué de fausses affiches de pub francaises des annees 50 et de peinture jaunie. La bouteille de vin est généralement immonde et tellement chere qu’au moment de l’addition je repense a mon prêt etudiant. Je ne suis pas New-Yorkaise; je refuse de me faire avoir par cette espece de supercherie pseudo-culinaire). Je me récriai et proposai d’aller plutot bruncher dans le Diner typique du coin.
Plusieurs pancakes plus tard (demain je vous parlerai de mon foie), nous allames visiter Broadway et Chinatown, qui étaient remplis de francais, attirés la par les vacances de la Toussaint et un dollar très faible. Nous allames finir la journee par un tour chez un marchand de Bagels (ces merveilleux petits pains ronds et troués, garnis de tout ce qu’on peut imaginer de miam sur cette bonne terre) et chez les Franciscains du Bronx pour leur fete mensuelle “Catholic Underground”. Je vous en reparlerai parce que ca vaut vraiment le détour. Je finissai la journée en rejoignant, le temps d’un cheesecake (je dois vraiment vous parler de mon foie), Fabien chez Kat’s Deli, le fameux restaurant de “Quand Harry rencontre Sally”. Quand Sally prouve a Harry qu’il se trompe sur les femmes.. Enfin si vous ne voyez pas de quoi je parle, regardez plutot ce film, qui est quand meme culte.


Le lendemain, on gagnai une heure de sommeil! (un gentil cadeau des gouvernements aux populations deprimées, en échange de l’entrée dans l’hiver) On retrouva la MI sur Battery Park pour prendre le ferry jusqu’a Staten Island et dire bonjour a la Statue de la Liberté.
On est passé par Wall Street; j’en ai profité pour prendre une photo de la Bourse de NY (qui d’ailleurs ferait bien de s’occupper de mon pouvoir d’achat et de foutre une raclée a l’Euro) en pensant que ca ferait plaisir a mes amis financiers du Luxembourg et d’ailleurs. (cf la page principale du blog).

Pour finir la journee en beauté, petit tour par Times Square et notemment par le M&M's Shop, avec son impressionnant mur de M&M's de TOUTES les couleurs (je n'avais pas assez de recul pour prendre toutes les nuances en photos..)
En allant me coucher Dimanche, je n’osai pas parler a l’HI de mon foie. Maintenant que le week end est fini, j’ai peur que mon foie prenne l’initiative et parle de lui-meme a l’HI.
Afin d’oublier tous ces problemes, je me suis plongée dans la lecture du dernier Harry Potter.
Je vous préviens, j’attaque en justice le premier crétin qui essayera de me dévoiler la fin!