mercredi 19 décembre 2007

Sleepless in Gotham




Je suis fatiguée.

Je sais que ma mere (et l'HI) détestent quand je dis ca, mais tant pis. C'est vrai.

Depuis quelques jours je me traine, je me dors dessus.
Dans le metro le matin, j'ai envie de me blottir contre mon voisin et de me rendormir paisiblement. Arrivée au travail (avec 40 minutes de retard), j'ai tendance a trouver mon fauteuil tres confortable, et le buit de l'ordinateur apaisant. Le moment de la digestion est critique car mes paupieres sont victimes de fermage involontaire et je cours alors le risque de me faire virer pour endormissement sauvage.
(surtout la derniere fois, ca m'est arrivé alors que toute l'equipe était en réunion-rien de plus soporifique- avec un type venu nous presenter un nouveau systeme de jesaispasquoi. J'essayais de fixer le plus possible sa tete pour me tenir éveillée mais en retour il croyait que je le draguais, ce qui était ridicule mais qui avait le mérite de m'empecher de m'endormir. Sauf qu'a un moment je me suis rendue compte que je devais loucher dans le vague-l'endormissement l'avait emporté- et le type s'est mis a regarder ma voisine, gené , avant de bacler sa présentation et de partir limite en courant, rétroprojecteur sous le bras et papiers volants derriere lui dans l'ascenseur.)

Le soir, je parviens a ramper jusqu'a chez moi et je me couche a neuf heures et demie en trouvant que les voisins exagerent de regarder la tele a cette heure la.

Tout a commencé la semaine derniere.
Mercredi soir, je n'arrivai pas a fermer l'oeil, sans raison. Alors que s'imiscait dans mon cerveau surexcité la pensée que j'étais en train de faire une insomnie, il était déja trop tard et je savais qu'il serait alors impossible que je m'endorme.
Etant donne que je suis une vieille habituée des insomnies, je me suis rappelée la consigne de ne pas rester couchée mais d'aller faire autre chose afin de fatiguer son corps et de trouver le repos.
Ce qui est tout a fait possible quand on habite seul, ou dans un vaste espace degagé et plein d'attractions fabuleuses (playstation, pingpong, atelier de bricolage, écuries..). Mais dans mon studio, avec a cote l'Homme Idéal qui dormait comme un bienheureux, pas moyen de s'en sortir aussi facilement.
Je me rappelai alors que la fameuse salle de sport etait ouverte toute la nuit! Je mettai mes baskets et mon magnifique jogging (je plaisante, il est affreux, mais c'est un jogging donc c'est normal) et partai a la conquete du tapis de course.
En arrivant a la salle, j'ai cru que je m'etais endormie sur le chemin (comme une pouilleuse) et que je revais.

La salle etait pleine, et il était 1h30 du matin.

Sans chercher a comprendre (je ne présume pas tres positivement de mes capacites intellectuelles a cette heure de la nuit), je grimpai sur un tapis et branchai mon Ipod. Au bout de quelques minutes, deconcentrée par l'infame odeur d'after-shave (versé a plein bidon, il semblait) de mon voisin, je me mis a observer mes collegues de sport nocturne.
Ils se ressemblaient beaucoup, les uns les autres. Et tous s'apostrophaient joyeusement, ceux qui rentraient saluant les autres, ceux qui partaient lancant une phrase a la cantonnade, provoquant d'autres reactions bruyantes de la part de ceux qui faisaient du sport.
Ils etaient TOUS hindous. Je veux dire, je ne sais pas vraiment quelle religion ils pratiquaient (ou meme s'ils croyaient en Dieu, mais la question n'est pas la), mais ils etaient tous de type hindou, ou indien, ou bengali, enfin de cette zone du globe ou les gens sont mats avec les cheveux raides. (la chance)
J'avais l'impression de faire encore plus tache, deja que j'etais la seule fille, voila en plus que j'etais blanche. La honte.
Je terminai mes 45 minutes de course et remballai mes affaires avant de commencer a m'endormir par terre.

Je pense que tous les indiens du club de sport sont les commercants du coin (delis, diners, etc) qui, apres avoir fermé boutique, en profitent pour socialiser et faire du sport.
Cette histoire m'a vraiment impressionnée. Elle est peut etre a l'origine de mon sommeil de loutre cette semaine, et de mes endormissements répétés.
Comme disait l'autre, "I want to wake up in the City that never sleeps". Il ne croyait pas si bien dire. Ne pas arriver a dormir ici c'est une chose. Cette ville vous accueillera de toutes manieres, a toute heure. Par contre, avoir sommeil est un probleme; tout le monde vous demande "Ah ben tu sors pas? Quoi? T'as sommeil? Mais t'es a New York, la!" comme si vous ne vous en rendiez pas compte.
Je crois que je dors pour 2 en ce moment; pour moi, et pour Gotham. Ca fait quand meme 4 siecles que les collines de Manhattan sont insomniaques, les pauvres.

Give it a break!

samedi 15 décembre 2007

christmas eve

Me voila a nouveau, heureuse, fatiguee et pleine d'expectatives face a Noel qui arrive, avec en gros cadeu livré du ventre d'un boieng en la venue de mon frere Ghislain et de sa femme Marguerite.
Deja au debut du mois de decembre, j'ai ete heureue de voir ma soeur Bérengere et mon ex coloc et malfaiteur Charles (qui a deja commis des commentaires stupides mais bien rigolos sur ce blog).
Avec Bérengere, ma grande soeur entrepreneuse internationale, sorte d'indiana jones glamour des affaires mais aussi impitoyable shoppeuse, nous nous sommes dirigées, des le soir de son arrivee, et ce malgré son decalage horaire ainsi que le vent polaire qui s'engouffrait entre les buldings ce soir la, dans des magasins.
érengere venait pour les affaires (des contrats de tas de millions d'euros, incluant les USA, la Chine, et un entrepot pres de Seattle dans l'etat de Whashington) mais aussi pour renifler les tendances qui fleurissaient a New York.
Le virgin megastore d'union square nous fournit un important champ d'exploration et je revenais avec un CD de hip hop étrange, tandis que ma soeur se promit de revenir quand elle serait reposee et de ramener au moins trois cartons de Nouvelles Choses.
Cette expedition failli nous couter la vie tant il faisait froid ce soir la mais j'amenais ma soeur dans mon diner préféré, Daddy's Diner, pour devorer quelques french toasts baignes de sirop d'erable. Un miracle gastronomique accompagne de thé!
La, j'apprenais les nouvelles du vieux Monde, cet autre continent ou baignent mes racines (ainsi que la plupart de mes CD et de mes fringues que je regrette amerement de ne pas avoir emmennées), ma terre, l'europe..
Donc ma famille va bien! Mes 632 neveux et nieces (je plaisante) poussent merveilleusement, mes innombrables freres et soeurs ainsi que leurs amoureux sont contents, ma chere petite maman est toujours aussi gentille et bienveillante.
Les fetes arrivent, et bien que cette annee je ne passe pas Noel avec eux, j'aurai la joie d'etre avec mon frere et ma nouvelle soeur! Cool, je pense deja a ma semaine de vacances, essaie de preparer un parcours exhaustif de Gotham (si je ne fais pas gaffe je vais toujours leur montrer l'east village) et programme d'aller chercher les cadeaux.
Ce n'est pas l'unique raison pour laquelle j'ai ete tres occupée ces derniers temps, ma soeur est restee trois jours, et nous nous sommes empiffree des meilleurs sushis de la ville.
Le dernier soir nous nous sommes assises sur sa valise pour y faire rentrer toutes ses Nouvelles Choses.
J'ai aussi ete, de mon cote et avec mes boss, dans une soiree d'inauguration d'un magazine et d'un nouveau building-musée.
C'etait tres rigolo, mais moins qu'une expo que j'avais vu dans Soho une semaine plus tot, avec un artiste qui avait mis des photos de chevaux soauvages sur des surfboards. Il vendait les boards insurfables a un prix ridicule mais tous le monde trouvait ca merveilleux.
L'avantage de la fete du magazine etait l'open bar extremement genereux, qui fut pour beaucoup a l'origine de ma fatigue chronique tout au long de la fin de la semaine. Et comme par ailleurs j'ai plus de travail qu'avant (une des etapes sur le chemin de la gloire, enfin j'espere), je ne trouvai ni le temps d'aller sur mon blog et de donner de dignes nouvelles a mes proches.
Sinon la fin du mois de novembre a ete marquée par Thanksgiving, une fete censée celebrer les premieres recoltes des colons et leur entraide avec les indiens d'amerique (selon moi et mon cysime francais il s'agit plus d'une fete religieuse pour feter le bétail volé aux indiens et la victoire des cow boys).
Quoi qu'il en soit, a Thanksgiving, il y a un jour ferié et on mange un repas traditionnel a base de dinde, de puree, de potirons et d'une espece de gratin a la canelle, tout en invoquant les peres fondateurs (les barbus a grands chapeaux, pas droles, qui sont arrivés les premiers ici-enfin, juste apres les pauvres indiens-)
C'est exactement ce repas typique que mon amie et moi voulions experimenter sur la route qui nous conduisait, le matin de Thanksgiving, a Montreal.
Avec deux autres amis, on rejoignait en voiture la Canada pour profiter du long week end en terre etrangere et faire un peu la fete avec nos freres Montrealais. Nous etions donc 4 joyaux drilles, rigolant et contents de faire 6 heures de route pour rejoindre la tempete de neige qui sevissait la bas. Qu'importe, nous avons remonté l'etat de New York, passant pas Albany et longeant le lac Shroon, lieu-dit qui nous fit glousser pendant des heures.
Miraculeusement, alors qu'au bout de 3 heures je commencai a paniquer de faim, Edgar (le conducteur et ami) trouva sur la route le seul diner ouvert en ce jour ferié.
Perdu au milieu de la foret sombre et humide, a mille mille de toute civilisation, quelques buicks garés devant le neon fatigué, nous accueuillirent cette pause avec joie.
Dans le diner, il y avait genre 2 tables occupées par des vieux monsieurs et des tres vieilles dames bossues et édentées.
A une autre table les gens etaient soit sourds soit enormes et tout ce petit monde bizarre, avait l'air d'avoir faim. Le seul etre humain de moins de 70 ans etait un type taciturne, biere soudee a la main, avec une chemise de bucheron et une casquette. Il fixait des yeux la télé et semblait sur le point de craquer.
Tout ca ressemblait etrangement a un debut de film d'horreur mais heureusement pour nous, tout s'est bien passé.
La serveuse, qui devait aussi etre gerante, femme du cuisinier et propriétaire du rade, accueillit avec un certain stress (tout n'avait pas l'air super pret alors qu'il etait bien 14heures) tandis que d'autres autochtones entraient, semblant etre sortis des entrailles de la foret, de leurs cabanes chauffées au poele, pour affluer dans cet ilot de civilisation, le seul a des milliers de kilometres de toute terre habitée.
Au cours du dejeuner (qui se revela d'ailleurs tres bon), j'appris que nous n'etions plus qu'a 50 miles de Montreal. Bonne nouvelle!
Les 3 jours a Montreal on ete une succession de fetes, de Hilton et de piscine chauffée au milieu de la neige. Le froid honteux ne m'aura pas permi d'explorer la ville d'une maniere plus touristique mais je me suis promis d'y retourner au printemps, c'est une ville qui a l'air tres attachante. Les gens y ont reellement un accent qui dérange, mais meme si on a tres envie de ricaner au début, on finit par s'y habituer.
Ca va donc faire un mois que je n'ai pas eu quelques jours de vacances et j'accueille donc cette treve de Noel avec autant d'expectatives que devant un match de coupe du monde.