dimanche 10 août 2008

You're the reason for my change

Une nouvelle semaine se termine, et une autre commence demain, le bon vieux cycle des semaines.
Cette semaine n'etait pas comme les autres, car c'etait l'anniversaire de l'HI! Je poste les photos des que je les ai (j'ai reussi a bousiller mon appareil photo et evidemment je ne l'ai tjs pas apporte au magasin, comme l'ipod -j'ai rate finalement rate mon rendez vous avec le veterinaire apple la derniere fois-).
Enfin, j'ai quand meme reussi a organiser une espece de fete pour l'anniversaire de l'homme ideal!

Ce n'etait pas exactement une mince affaire, etant donne que 1) l'hi n'aime pas feter son anniversaire 2) l'hi n'aime pas les anniversaires. Il refuse meme toute sorte de cadeau. C'est extremement difficile, encore plus difficile qu'avec la plupart des garcons, car il n'accorde que peu d'importance aux Choses Materielles, meme pas une petite passion pour les jeux videos ou les insectes empailles. La seule piste a explorer se rapporte aux Choses de l'Esprit et au Surf, ce qui pour l'HI est relativement la meme chose.
Donc il y a les livres, mais dans ce domaine nos gouts different vraiment. J'aime les romans et les trucs soit tordus, soit stupides. L'hi aime quelques auteurs, et enormement de traites, de reflexions sur plein de s
ujet, principalement les Choses de l'Esprit, donc, et le Surf.
Reste a explorer la piste du Surf comme source de cadeau pour l'HI. Mais meme dans ce domaine les possibilites sont assez restreintes vu que l'HI, etant donne sa condition, est idealiste et profondement peu materialiste. Je pourrai toujours lui acheter une fourniture mais c'est pas tre
s personnel. Depuis que je le connais, il a eu droit a des accessoires d'Homme Ideal, comme un couteau (pas pour se battre -quoique-) mais pour chasser ou bricoler, des vetements d'aventurier, des lu
nettes de soleil qui rendent invincibles, etc.
De temps en temps, avec plus ou moins de reussite, j'ose quelque chose de plus personnel, bien que ca ne mache pas toujours. L'annee derniere je lui avait envoye du Luxembourg a Gotham, un cadre avec une oeuvre que j'avais realisee avec photoshop. L'hi a aime le tableau, mais le verre est arrive completement explose et il a failli se blesser a cause de moi, ce que je me suis interminablement reprochee par la suite.
Parfois, je crois denicher le livre ou le di
sque Ultime, qui va le nourrir spirituellement ou artistiquement, mais je me plante mis
erablement et l'HI n'accroche pas du tout. ou tres faiblement. Apres avoir passe quelques jours (heures?) a faire semblant de s'y interesser, il l'abandonne finalement et pars vaquer ailleurs, comme un chiot peu affame ignore sa gamelle.
Cette annee neanmoins, l'Hi a esquisse un souhait Materiel sur lequel j'ai joyeusement rebondi, mais il a fini par se retracter rapidement.
Je ne perd pas espoir de le faire changer d'avis.

En attendant, je me suis demande ce qui pourrait lui faire plaisir et j'ai pense a un verre avec ses amis. Je sais que l'Amitie est un concept-cle chez lui, alors j'ai envoye des mails et l'HI, meme s'il a ete tres surpris au debut, a apprecie de voir tout le monde (sauf ceux en vacances, mais bon etant ne en aout il est habitue a la chose).
J'avais passe l'heure precedente a essayer de gerer le timing ce qui m'a rendue extremement bizarre (tendue) et legerement casse-c.. avec lui. Mais les choses se sont deroulees comme prevu et j'ose esperer que ca lui aura fait plaisir.

Aujourd'hui il a plu. Ca nous est tombe dessus quand on sortait de notre brunch, dans Greenwich Village. On a marche serres tous
les deux sous notre parapluie, croisant les touristes hagards et tempes cherchant un abri sous les devantures des petits magasins du village. On a evite les flaques, lui avait les pieds sales car il etait en tongs, moi avec mes boots de motardes qui me font trop mal aux pieds. On a remonte les rues de soho sur le pave chauffe par 4 mois de soleil qui faisait s'evaporer la pluie a peine tombee, on a regarde les vitrines et les planches de surf dans le magasin de Broadway. Dans notre rue, on a contourne les junkies qui dormaient sur le trottoir, les vendeurs de camelote punkisante, les files devant les restaurants japonais, et les chiens a trois pattes, puis on est arrives chez nous.
Il ne pleuvait plus, mais on etait restes sous le parapluie.
C'etait une belle journee!

mardi 5 août 2008

This is a bit too much


En ce moment je suis un peu en crise de procastrination. Bon c'est vrai que c'est mon cas la plupart du temps, mais la c'est pire. Au travail, les choses s'amoncellent et je n'arrive pas a y venir a bout. Mon dossier d'extension de visa traine. Mes mails aussi. C'est relou.
Beaucoup de gens ici parlent de procrastination, un peu a tout bout de champ. Des qu'on a la flemme de faire quelque chose dans ce pays, on n'est pas un gros feignant, mais quelqu'un de trouble, angoisse et sujet a la procrastination. C'est drole et un peu epuisant cette manie americaine de transformer la moindre chose en son equivalent traite, synthethise et ameliore. C'est valable pour tout, du sachet de sucre a une technique de coiffure. Disons que j'ai parfois l'impression qu'au lieu de nommer un chat, un chat, ils vont preferer dire que c'est un felis silvsetris, ou un felin d'interieur aux vertus familiales. Quand vous commendez du the a New York, vous avez de fortes chances d'obtenir egalement une boisson antioxydante aux betabidules anti-cholesterol. Sur les paquets de jambon, vous avez toute une litterature dietetique dont le le contenu doit etre un ramassis de lapalissades, mais bon, on a pas vraiment le choix.
Dans la vie de tous le jours, ca se traduit comme ce que je vous disais plus haut.
Au lieu de dire simplement les choses, ou de vivre le cours des evenements comme ils viennent, l'american spirit vous pousse a penser differemment, souvent a un point limite du malmenage de mouche.
Au lieu de dire qu'on est un gros feneant, donc, on dit qu'on fait de la procrastination. Au lieu de dire qu'on mange trop, on dit qu'on a des dysfonctions de l'appetit. Au lieu de parler d'un voisin malpoli et casse c..., on explique que c'est un caracteriel passif-agressif. Ca ne me derange pas plus que ca, vu que je suis moi meme une grande adepte des Theories de Vie.
Mais parfois, c'est un peu pousse a l'extreme.
L'Hi et moi n'avons pas la tele, mais quand je la regarde ici, en plus d'etre totalement fascinee par ce merveilleux rectangle lumineux (oui, ca me manque), je suis toujours etonnee par ce que j'entend. Par exemple, le championnat de Base Ball americain s'appelle le World Series. Ils sont le seul pays a y participer, mais quand meme.
Ou alors dans les talk-show, on peut voir des gens enormissimes declarer qu'ils ne mangent rien, mais que c'est psychologique. Souvent, un medecin a lunettes vient soutenir que c'est en fait parfois, eventuellement et dans certains cas, possible. Les medias tiennent la un inepuisable sujet editorial et pendant des mois on entend parler de ce phenomene rare mais qui existe, et qui peut etre vous concerner.
Peu apres, vous voyez dans les rayons du drugstore un livre sur la nouvelle methode Shoze, pour vous aider a aspirer a un equilibre corps/esprit. Sur la couverture, une photo de la dame de l'emission aimincie et souriante a cote du docteur a lunettes, avec un titre genre "Venir a Bout de Vos paradoxes"
C'est le cas avec tout. Votre chien n'est pas une sale bete mal elevee, c'est un chien mentalement chiot avec des troubles compulsifs. Changez ses croquettes et achetez-lui ce masseur ergonomique aux picons de betterave calmante. N'importe quoi.
Donc voila, il est 20h35 et je dois partir a l'Apple Store faire reparer mon precieux ipod par un veterinaire Apple. J'ai rendez vous a 9h dans le magasin de soho.
J'espere ne pas me voir annoncer que sans la garantie optionelle de prevoyance apple souscrite pour un an au moment de l'achat, je serai amenee a faire considerer la revision de l'appareil directement par un auxilliaire agree.
Autrement dit, que je l'ai dans l'os.
A suivre

dimanche 3 août 2008

Le 3 du mois d'aout

Ce week end est plein d'orages et de soleil. L'Homme des Halles est parti accomplir une mission de bravoure upstate new york, donc je traine mon spleen dans la chaleur etouffante de Gotham.
J'ai vu quelques amis hier et j'oeuvre pour un Management Harmonieux de mon Espace de Vie, autrement dit je fais du menage et du rangement, sans trop abuser quand meme parce que je ne veux pas me rendre malade.
J'ai aussi profite de l'acces illimite a l'ordinateur de l'HI, un milliard de fois mieux que le mien -qui d'ailleurs refuse d'aller sur internet ce sale gosse- pour passer en revue les differents blogs et sites web francais, et il y a vraiment des trucs trop droles, comme par exemple ce clip sur youtube
http://fr.youtube.com/watch?v=Zg4WkbA7LU8 ou alors la redifusion de passage de cette emission qu'on regardait avec mes gals pals au Lux, l'amour est dans le pre.
Je ne suis pas du genre a assumer clairement que je regarde parfois ce genre de trucs, mais franchement c'est quand meme trop marrant. Deja, le principe est tellement kitch qu'on veut savoir ce qui va se passer, et les participants sont excellents.
Je me suis remise a niveau niveau potins de stars meme si je me rend compte que je suis a la traine niveau gossips francais.
J'ai quand meme vu en l'espace de 2 semaines, Amanda Lepore (une tranny diva extraordinaire), Lindsay Lohan et Samantha Roson dans ma rue, et Gerard Butler en bas de l'immeuble de mon bureau. Je trimballais mes 2 scones aux pepites de chocolat de la matinee et luttant contre un vent contraire parfume a la fumee de hot dog sur Park Ave, quand mon oeil fut attire par ce grand individu de type celtique (c'est bel et bien ce qui a attire mon attention) qui telephonait avec une assurance de malade en descendant vers la 31e rue.
Je crois qu'il m'a regarde vite fait avant que mon cerveau aie eu le temps de faire les recoupements necessaires destines a l'identifier comme the hot Gerard Butler. Et oui, il est mieux en vrai!
Pour Lindsay Lohan et Sam Ronson, je revenais du travail en compagnie de l'Homme Ideal, et j'identifias d'abord Ronson. A mon immense surprise, ce fut l'HI qui reconnut Lohan. En meme temps il est a tres bonne ecole avec moi.
L'HI a revu Lindsay une autre fois plus tard dans la semaine. Il a aussi deja vu Marion cotillard et Julia Roberts. La chance. J'ai croise Estella Warren au drugstore, vu Jenna Jameson dans une soiree et j'ai papote avec Bob Dylan. Non je plaisante, mais Woody Allen a tourne son film en bas de chez nous! J'ai une amie qui pas plus tard que la semaine derniere, a passe 2 soirees en compagnie des acteurs de la serie la plus bankable du moment, Gossip Girl. Quand elle m'a appele au bureau pour me raconter les details, j'etais en hyperventilation.
Cette ville est un beau terrain de jeu si on aime bien l'actu des pipoles. Il y a meme un site, gawker.com, qui permet de regrouper toutes ces infos et de traquer les stars en temps reel. C'est de la folie quand on y pense.
En tout etat de cause, j'admet que c'est un des aspects amusants de Gotham, cet espece de possibilite permanent de faire n'importe quoi, davoir acces a tout. Evidemment on ne fait pas tout, et je me contrefiche de savoir ou Rihanna achete son shampoing. Mais rien que la possibilite de pouvoir le faire, c'est bien ce qui attire les gens ici, et qui fait le charme de Gotham.

vendredi 1 août 2008

How it all began


An artist's view of the "big bang" theory of the origin of the Universe. LAPP, Particle Physics Laboratory at Annecy-le-Vieux, France



C'est comme ca que tout a commenc
é pour moi, de la ou je vous ecrit.


Part 1

Les yeux chauds, les mains moites, les chevilles flageolantes, je tendais mon billet à la belle indienne habillée en bleu marine qui ne prenait pas vraiment la peine de me regarder. Alors que l’hôtesse de l’air du vol Air India 732 de 14h30 enregistrait mon honorable présence sur le Paris-New York du 18 septembre 2007, je me disais que je n’étais pas vraiment prête à partir.
J’avais obtenu mon visa de justesse quelques jours auparavant, seulement. Je n’étais pas encore remise de mon départ du Luxembourg, a peine 3 semaines avant. La fête donnée pour mon départ m’avait laissé un mal de crâne assez violent et un arrière goût de nostalgie que je n’avais même pas eu le temps de cultiver en larmoyant. Je n’avais pas vraiment dit au revoir à ma maman, j’étais certaine d’avoir fait mes valises n’importe comment. Je n’avais toujours pas recouvré ma caution de mon ancien appart. J’étais encore dans les vapeurs joyeuses du mariage de mon frère, et je n’avais pas fait de provisions suffisantes de lentilles de contact. Ma sœur Bérengère m’avait emmené à l’aéroport, et comme une voiture s’apprêtait à nous klaxonner alors que je lui disais au revoir, j’avais oublié de prendre mon téléphone. Je commençai un nouveau travail dans 2 jours et je ne m’étais pas du tout renseignée sur mon futur employeur. Je n’avais pas été chez le coiffeur. Ma banque n’était pas au courant que je partais resider hors de la zone euro.
Je ne suis pas prête du tout, c’est ridicule, pensais-je en entrant dans l’avion. Autour de moi, les gens semblaient si surs d’eux, pleins d’entrain a l’idée de frayer leur chemin à travers le monde, aussi naturellement que d’aller aux toilettes. Mon désoeuvrement, en comparaison, me paraissait tellement énorme que j’avais envie de m’arrêter au milieu d’eux, et, dans un geste aussi puéril qu’inutile, me mettre a chouiner que je voulais rentrer à la maison et oublier toute cette histoire de déménagement.
Comme une grande fille, je pris sur moi et m’installai dans mon siège en espérant qu’un violent orage clouerait tous les avions au sol pendant disons une semaine.
Sur le tarmac de Roissy, le ciel était parfaitement bleu.
Nerveusement, je demandai au steward une petite bouteille de vin. Il ne comprit rien et m’en donna deux, pour mon plus grand bonheur.

L’avion est parti à l’heure.


Part 2

Incapable de fermer un œil durant le vol, je regardai, hagarde et un peu envieuse, les 3 indiens qui roupillaient paisiblement depuis bientôt 8 heures, enfoncés dans leurs rêves comme je l’étais dans mes craintes.
Pour tuer le temps, je repassais en boucle la totalité des choses qui pouvaient mal se passer une fois que j’arriverai à New York
a) Je pourrai me faire voler mon passeport, ou me retrouver accusée de fraude contre l’Etats américain, puis emprisonnée dans une geôle en Floride, habillée en orange, dormant sur mes chaussures, à essayer de téléphoner à ma mère pour lui demander d’appeler l’ambassade pour qu’ils m’envoient un avocat hors de prix, un peu comme dans Midnight Express (sauf que bien sûr je ne portai pas de drogue sur moi, mais au fond les douanes ont-elles vraiment besoin d’une raison pour embastiller les voyageurs ? Qui connaît vraiment les tenants et aboutissants de la convention de Varsovie ?)
b) Je pourrai arriver sans trop d’encombres et retrouver comme prévu, l’HI à Union Square. Il serait un peu étrange, mais je mettrai ça sur le stress et la joie de me retrouver. On irait dîner dans un petit restaurant tout simple que je trouverai super romantique, mais pendant le repas son téléphone sonnerait et il raccrocherait vite, en rougissant. Et alors je saurai qu’il y en a une autre, alors je me mettrai à couiner et ferai un drame en quittant le restaurant avec mes 5 énormes valises. L’Homme Idéal serait trop ennuyé pour me rattraper. Je passerai le reste de la nuit dans une auberge de jeunesse crasseuse dans le Lower East Side, à me ronger les ongles et à me demander à partir de quand je peux légitimement déclarer que tout ça est un cauchemar.
c) Même si j’arrivais sans encombre et que je retrouvais un HI amoureux et heureux de me voir, je pourrais découvrir que mon travail est en fait minable et que mon employeur m’aurait menti. Je serai obligée de trier du courrier dans un sous-sol poussiéreux, entouré de portoricains qui se moqueraient de moi en espagnol et feraient exprès de ne pas parler anglais. Un peu comme dans les Misérables.

Je songeai aussi à mes chevilles qui gonflaient lentement du fait de l’altitude et du manque de mouvements. Les rares fois ou j’avais osé déranger mon voisin paisiblement endormi pour aller aux toilettes, j’avais eu peur de tirer la chasse et de créer un trou d’air par accident (et donc de tuer 350 personne, dont moi), sans compter qu’une femme, qu’aggripaient 3 enfants au regard hostile et a la morve fraîche, tambourinait systématiquement a la porte au bout de trente secondes, pensant certainement que son pass VIP-maman l’autorisait a considérer les toilettes comme ses appartements privés, et quiconque y entrait comme un malotru patenté.

Au bout de sept heures remplies de films Bolywoodiens et de plusieurs mignonnettes de cotes du Rhône 1999, l’avion commença a baisser d’altitude et le soleil radieux n’avait pas décollé mon hublot; autrement dit je n'avais pas dormi du tout. Mais tandis que je survolais ce que je pensais être le Canada, ou, au fur et à mesure que l’avion descendait, l’état de New York, puis la ville qui soudain est apparue luisante dans le ciel de septembre. Plein de bleu et de gris, de lumières, enfin comme dans les posters.
L’avion s’est posé a l’heure, dévidant les passagers dans les tubes de verres de Newark. Un blason des Etats-Unis, avec un aigle à l’air peu amène, nous accueille dans l’impressionnant hall des douanes de l’aéroport. Entre un homme d’affaires grassouillet suintant à grosses gouttes et une vieille dame drapée dans des châles mauves, je hissais mon embarcation (une grosse valise de 800 kilos et un sac a dos de scout, un peu moche et crasseux, plus environ 3 autres petits sacs bourrés à bloc et pas pratiques, et mon ordinateur poussif) vers le bureau des douanes.
L’agent, assez intimidant avec son képi digne de Chips et son pistolet dans la poche, prit le soin de me faire une blague que je ne compris pas, ayant la trouille de le voir m’annoncer en rigolant que je devais retourner en France pour non-conformité. Rassurée de voir le tampon apposé sur mon passeport, et galvanisée par ma nouvelle identité de résidente américaine, je m’empare de mes 5 monstrueuses valises et manque de m’effondrer sur le sol, devant les tapis des bagages. Je suis a bout de forces, au bord du gouffre, et comme qui dirait angoissée de me voir arrivée dans ma nouvelle vie, mais je parviens a ramper a la rencontre d’un taxi, qui me dépose a Union Square.

C’est l’été, union square est affairé, des passants, des voitures, du soleil.
Mon taxi dépose mes bagages à cote d’une cabine chauffée par le soleil et là j’appelle l’Homme des Halles.
J'attend a peine. Il arrive, vient à ma rencontre.
Je me dis que je n'ai pas le temps de verifier mon maquillage et ca m'ennuie de ne pas lui faire honneur.
Avec son pas assure d'homme Ideal, parfaitement calibre a ma personne, il s'approche et me prend dans ses bras, au milieu de la ville et des pots d'echappements, des fleurs du parc et des odeurs de kebab.
Et la, en fait tout va bien.
Au diable la banque, les impots, mon employeur ou les chasseuses d'HI, je suis la avec lui.
Malgre mes chevilles gonflees par les 10 heures de voyage, mes cheveux en tortillons et le contrechoc du stress, je me sens au top. Je suis la Fille La Plus Heureuse Du Monde.